20/11/17
L'Affaire de la rue de Lourcine - du 29 novembre au 16 décembre au Théâtre des Martyrs à Bruxelles
Interview de Thibaut Wenger

Vous mettez en scène L’affaire de la rue de Lourcine. Est-ce l’envie de monter un vaudeville qui vous anime et comment avez-vous apprivoisé ce genre ?

L’affaire de la rue de Lourcine est un vaudeville un peu particulier. Il n’y a pas d’amant dans le placard. Mistingue et Lenglumé vivent une sorte de cauchemar suite à une nuit d’ivresse dont ils n’ont plus de souvenirs. J’ai le sentiment qu’on se retrouve embarqués dans un vaudeville comme dans un mauvais film, entre absurdité terrifiante et parodie du grand répertoire. De manière générale, les canons du genre sont un peu déréglés.

Est-ce que l’on approche la mise en scène de manière particulière lorsqu’il s’agit de comédie et quelle est votre expérience de ce genre ?


J’ai mis en scène L’enfant froid de Mayenburg, qui était une farce. Dans Platonov, le quatrième acte virait à la comédie. Nous avions trouvé une certaine liberté joyeuse à emmener Tchekhov dans une sorte de vaudeville mélancolique, déstructuré. Avec L’affaire de la rue de Lourcine, la situation est différente, l’attentat est déjà écrit. L’exercice ne laisse pas toujours grande liberté, il s’agit avant tout de faire fonctionner la machine, même si l’absurdité de Labiche est peut-être plus minée que l’horlogerie de Feydeau.

Certains comédiens avaient déjà travaillé avec vous, mais pour d’autres il s’agit d’une première collaboration. Comment les avez-vous choisis ?

Fabien, Marie et Tristan font partie de la compagnie, nous avons monté plusieurs spectacles ensemble et partageons un vocabulaire, un imaginaire. Des acteurs invités viennent nous rejoindre, il s’agit ici de Bernard, que j’ai vu travailler et jouer aux Martyrs, qui joue le cousin Potard, et de Pedro qui reprend Mistingue, figure marginale dans ce monde bourgeois.

Les pièces de Labiche sont encore montées très régulièrement et on aime cet auteur pour de multiples raisons. Quelles sont les vôtres ?

Je n’aime pas Labiche ! (Rires). C’est un auteur réactionnaire, anti-communard… Ce qu’on pourrait penser être une critique sociale de la classe moyenne est en fait un désir de la part de Labiche de dominer cette classe. Mais il y a une efficacité théâtrale fulgurante dans son écriture que l’on constate en mettant les choses en place et en jeu avec les comédiens. C’est un humour particulier, absurde, loufoque. L’imaginaire très français de cette bourgeoisie éternelle me fait sourire. Tout comme le fait que tout puisse se terminer par une chanson, c’est assez déconcertant, je trouve. Les personnages de Labiche désamorcent la crise en chantant (faux), et il y a un retour à la normalité aussi fugace qu’incompréhensible.

Mélanie Lefebvre pour le Théâtre des Martyrs
PLUS D'INFOS
L'AFFAIRE DE LA RUE DE LOURCINE

Premiers actes
71b rue du 9e Zouaves
F-68140 Munster

ASBL Premiers actes
63-65 rue Vandeweyer
B-1030 Bruxelles




Thibaut Wenger, metteur en scène
+33 (0) 682 11 22 87
+32 (0) 488 228 929
thibaut@premiers-actes.eu

Hugo Favier, production & diffusion
+33 (0) 7 77 31 11 17
+32 (0) 497 62 93 90
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