WOYZECK
Georg Büchner
Thibaut Wenger
Adeline Rosenstein
Le garçon soldat Franz Woyzeck rase son capitaine et ne mange que des pois, à des fins scientifiques, tandis qu'au Cheval Blanc, Marie la mère du petit danse avec le tambour-major. Par une nuit de pleine lune, rongé par la jalousie, Woyzeck entraîne Marie à la lisière de la ville. Trois ébauches, inachevées et fragmentaires. La première, cadrée sur le drame amoureux, court jusqu'au meurtre. La langue gauche, heurtée, un da-sein qui troue le théâtre. Les deux suivantes, en suspens, prennent la mesure du mécanisme social de la pulsion intime. Mais aucun tribunal n'aura le temps de se pencher sur la question de la responsabilité du sujet-objet, quand l'avenir ne signifie rien. Woyzeck, aimant puissant où s'origine le théâtre où nous nous inscrivons, porte dans ses étonnantes dissonances, dans sa matière même, minée, la métaphore d'autres désarrois, d'autres colères meurtrières d'anti-héros – contemporains.
mise en scène THIBAUT WENGER
traduction, dramaturgie ADELINE ROSENSTEIN
scénographie et costumes CLAIRE SCHIRCK
assistée de RAFFAËLLE BLOCH
lumières FLORENT JACOB
musique GREGOIRE LETOUVET
sons GEOFFREY SORGIUS
collaboration artistique JOSEPHINE DE WECK
avec FABIEN MAGRY (WOYZECK)
BERDINE NUSSELDER (MARIE)
OLINDO BOLZAN (ANDRES)
NATHANAËLLE VANDERSMISSEN (KÄTHE)
MARCEL DELVAL (LE CAPITAINE)
FREDDY SICX (LE DOCTEUR)
MATTHIEU BESNARD (TAMBOUR-MAJOR)
LAETITIA YALON (KARL)
& REMI GOEBBERT OU VINCIANNE BONNAFOUX (L’ENFANT)

production Premiers Actes coproduction Théâtre Océan Nord, Bruxelles
& La Filature - Scène nationale, Mulhouse
avec le soutien de la Fédération Wallonie-Bruxelles / Service du théâtre, du fonds d’acteurs de la COCOF, de Wallonie-Bruxelles International, du Ministère de la Culture / DRAC Alsace, de la Région Alsace, de la SPEDIDAM et de l’ADAMI. Résidence au CIP de Lichtenberg.
Avec la participation artistique du Jeune théâtre national.
DATES PASSÉES
25/08/12 - 21h00
Friche Wesserling, festival Premiers actes - Husseren Wesserling
24/08/12 - 21h00
Friche Wesserling, festival Premiers actes - Husseren Wesserling
28/07/12 - 21h30
Friche DMC - Mulhosue
27/07/12 - 21h30
Friche DMC - Mulhouse
16/06/12 - 20h30
Théâtre Océan Nord - Bruxelles
08/06/12 - 20h30
Théâtre Océan Nord - Bruxelles
Ils étaient des centaines à assister à la mise à mort du perruquier sans emploi Johann Christian Woyzeck, le 27 août 1824 à Leipzig, condamné pour le meurtre de sa maîtresse infidèle. Pas d’école ce jour-là, on allait au spectacle de la décapitation par l’épée. Il paraît que le bourreau lui avait si bien tranché la tête qu’elle resta posée sur le plat de la lame. Et qu’il la fit tomber d’un mouvement du poignet. Ces détails ainsi que les expertises médicales sur le degré d’imputabilité du coiffeur chômeur Woyzeck, son degré d’ignorance et de folie avaient donné lieu à de nombreuses publications.

Büchner décide de condamner les spectateurs de son exécution, braves gens à la conscience tranquille. L’auteur en exil à Zürich meurt du typhus avant d’achever ce projet.
Trois ébauches nous sont parvenues, écrites dans la fièvre. La première, centrée sur le drame amoureux, court jusqu’au meurtre. Les deux suivantes, en suspens, prennent la mesure du mécanisme social de la pulsion intime.

L’individu dont l’existence dépend de facteurs complètement extérieurs à lui-même peut-il par la force de sa volonté, par la révolte ou la décision planifiée, intervenir sur le cours de l’Histoire ? Sur le cours de sa propre vie ? C’est la question de toutes les révoltes sociales que pose l’auteur du fragment Woyzeck, scène après scène, celle de la liberté. On pourrait dire que Büchner introduit la pensée matérialiste en littérature 50 ans avant qu’elle ne soit formulée par Marx et Engels.

Nous jouons les brouillons Woyzeck dans le mouvement de l’écriture, en baragouzek, créole urbain imaginaire inspiré à Adeline Rosenstein, dramaturge et traductrice, par les ateliers que nous avons menés cette saison au sein du quartier populaire et métissé du Théâtre Océan Nord, à Bruxelles, où nous avons créé le spectacle.
Les chardons du baragouzeck

Vous ne parlez pas baragouzeck ? Il importe moins de comprendre une histoire que de ressentir des ambiances, sombres éclats d'une oeuvre restée inachevée et qui aurait pu devenir un autre "Opéra des gueux".

Le jeune metteur en scène Thibaut Wegner n'a pas ménagé ses comédiens, ni surtout son public. Pourtant ce n'est que la simple histoire d'un simple soldat, Frans Woyzeck, exploité par son capitaine, réduit à se prêter à des expériences médicales douteuses afin de gagner quelques sous insuffisants pour procurer une vie confortable à celle qu'il aime, Marie, et à leur enfant. Un homme qui aimant trop "à la vie à la mort", finit par tuer Marie l'infidèle.
D'autres détails ayant échappé, on supputera seulement que le fait qu'il travaille comme un forcené, que sa santé est malmenée, ont pu endommager sa raison... Car malgré une attention (très) soutenue pour capter çà et là, en plein vol, un mot connu (ou plus ou moins proche d'un mot connu), beaucoup se sont noyés dans le flot sonore bizarre du "baragouzeck".
Peut-être eut-il fallu que certains personnages s'expriment "normalement", en toute logique pour des êtres éduqués comme le médecin ou le capitaine ? Et peut-être qu'il n'en fallait pas tant, de ces mots inventés, pour faire ressentir sinon tous les enjeux, du moins les sentiments qui s'expriment de façon très parlante par le jeu expressif des comédiens ?

De cette histoire laissée "fragmentaire" par son auteur, l'Allemand Büchner, et sur base de plusieurs ébauches, Thibaut Wegner a voulu rendre avant tout l'impression d'une oeuvre ouverte et en devenir (voire d'un brouillon ou de ce qui ressemblerait à une étape de travail). Comme des éclats de verre à ramasser, il nous faudra reconstituer l'objet branlant initial.
Nous n'y serons donc pas aidés par le texte, en langue imaginaire, sans le surtitrage habituel. Ombre et pénombre pour des scènes se déroulant souvent en fond de plateau, au travers de parois grillagées, rendront bien ardue la tâche de reconstruction des étapes du drame, alors que les expressions des visages auraient pu... éclairer le spectateur. De plus, le concept d'éclatement fait commencer le spectacle par la fin (dramatique et non certaine), l'ensemble se déroulant dans un labyrinthe concentrationnaire de grilles et de métal.
Ne pas tout comprendre mais s'abandonner aux images, aux sons
"Tant pis si moi tout compris avoir pas..."! On devinera assez rapidement qu'il faut laisser là tout pragmatisme, tout réalisme et se laisser imprégner d'ambiances sauvages et primitives, d'images fortes, d'un puissant climat d'étrangeté.
La scénographie, le très beau travail sur les sons et lumières étroitement associés, sont parfaitement au point et épousent l'ambiance générale. Il faut savoir que les options prises par le metteur en scène résultent non seulement d'un travail avec d'excellents comédiens professionnels mais d'expériences au sein d'ateliers ouverts aux habitants (souvent"primo-arrivants") du quartier populaire et métissé où se situe le théâtre Océan Nord.
De là est venue l'idée d'une langue tour de Babel, une langue qui serait donc "populaire" et telle qu'elle aurait été souhaitée par Büchner. Adeline Rosentein, co-animatrice des ateliers avec Wegner, l'a introduite dans sa traduction. Ainsi la dramaturgie, comme la scénographie, rendent bien le côté décousu, "prise d'intantanés"qu'aurait voulu l'auteur d'après ce que l'on sait.
Voilà un texte qui (par un curieux hasard ?) marie la langue oulipienne d'Antoine Lemoine ("Les chardons du baragouin", 1961) à une évocation du sort de/s pauvre/s exploité/s, ceux du Roumain Panait Istrati ("Les chardons du Baragan" en 1928) et cela dans un vision originale certes, de Woyzeck ! Son malheureux troufion ne ressemble-t-il pas à tous les "forçats de la terre", au "cojan" roumain (dans une langue qui n'est, elle, que "émaillée... d'expressions populaires") ?
Paradoxe : ce spectacle s'adresse à un public averti.
Suzane VANINA 20/06/2012 Ruedutheatre.com
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