L'ENFANT FROID
Marius von Mayenburg
Thibaut Wenger
Laurent Mulheisen, L'Arche
L’Enfant froid se passe dans le monde de la classe moyenne européenne : il y a Papa et Maman, qui ont de l’argent et veulent le garder pour eux, leurs deux filles, Lena la rebelle et Tine la greluche, et leurs amants respectifs, Johann, qui confond toujours Lena avec une certaine Mélanie, et Henning, qui aime exhiber son sexe dans les toilettes des dames. Sans oublier un couple avec enfant, Werner et Silke, dont on croit, sans doute à tort, qu’ils n’ont pas grand intérêt. Jusqu’ici tout paraît évident…

Des traces de lumière
On est dans un théâtre de l’après. Là où le capitalisme pathologique est parvenu à disloquer la communauté, les classes, le théâtre de Mayenburg n’est plus en prises avec l’assemblée. C’est un théâtre des solitudes, de la déliance. Il s’est déplacé dans le cercle privé des névroses individuelles, face à l’effondrement de l’idéologie du progrès. La momification guette.
Incapables d’une relation, d’une communication avec l’autre, Lena, Papa, Tine, Henning, Werner tentent de s’accrocher à quelque chose qui donne sens, et cette vaine quête nombriliste et égoïste d’eux-mêmes les aliène et les désubstancialise, jusqu’à ne former que des fragments en lutte les uns contre les autres, unis, dans le meilleur des cas, par le corps à corps.
C’est un peu sans appel, même si, lorsque Henning et Tine font l’amour, rachat par l’accouplement de celui qui n’aimait que montrer sa queue aux femmes, la didascalie précise : « c’est beau ».
Les jeunes adultes de Mayenburg n’ont, comme moi, rien connu d’autre que le règne du marché. Ici et là, ils cherchent des traces de lumière.
Thibaut Wenger
Marius von Mayenburg
traduction Laurent Mulheisen, L’Arche
mise en scène Thibaut Wenger
assisté par Sophia Geoffroy
scénographie Claire Schirck
costumes Raffaëlle
lumières Florent Jacob
sons Geoffrey Sorgius
avec
Berdine Nusselder
Tristan Schotte
Aude Ruyter
Thibaut Wenger
Nathanaëlle Vandersmissen
Matthieu Besnard
Laetitia Yalon
Jean-Pierre Basté

Créé à la la Comédie de l’Est - CDN, Colmar / Festival Premiers Actes en septembre 2010.
Ce projet est né à l’INSAS et au Théâtre du Marché aux Grains à Bouxwiller, avec le soutien de la DRAC Alsace.
Une maquette été présentée au Théâtre de L’L à Bruxelles.
DATES PASSÉES
16/11/12 - 20h00
La Filature, scène nationale - Mulhouse
15/11/12 - 19h00
La Filature, scène nationale - Mulhouse
04/10/12 - 20h30
Espace Culturel - Munster
14/01/12 - 19h00
Varia (salon) - Bruxelles
21/11/11 - 16h00
Théâtre du Marché aux Grains - Bouxwiller
16/07/11 - 22h00
Funambule - Avignon Festival Off
15/07/11 - 21h00
Théâtre du Marché aux Grains - Bouxwiller
10/09/10 - 22h00
Comédie de l'Est - Colmar
09/09/10 - 20h00
Comédie de l'Est - Colmar
Lettre pour les acteurs
au départ, parler de ce qu’il nous reste
du vite fait, du gagner plus, de l’industrie à humains
pauvreté environnementale, pauvreté des imaginaires
de ce qu’ils nous ont laissé et de comment chercher un sens là-dedans
autonomie et solitudes
de la non relation avec le secret des choses, le secret du monde
de cette pourritures dans nos têtes, notre héritage commun
et régler quelques comptes, au passage
votre jeu pourrait être en bois stratifié
tout d’abord, la couche de plastique du mobilier en kit
ça parle à côté de vous, ça bavarde à côté de vous
on séduit, carnivores ou nonchalants, toujours nombrilistes
à tout instant dans une quête de soi-même, face au public, face à la caméra
pour se réaliser ici, avec un sourire télévisuel californien
vu depuis une chambre d’un hôtel ibis de province
et sous le plastique l’humain est pourri, la colle ne tient pas
le jeu se désintègre et laisse paraître les brisures et la colère des petits
je pense que vous êtes sur le plateau
avec l’excitation d’un règlement de comptes
et qu’il y a la jubilation foutraque d’une pulsion de destruction
sans objectif aucun
de la destruction simplement, juste pour le chaos
c’est une farce d’aujourd’hui sur la vanité vulgaire et laide du théâtre qu’on fait
sur la démission et l’impossible fuite, les pieds dans la merde et les ruines
tentatives de s’échapper de la boîte confinée
et ne pouvoir le dire qu’avec ces mots
et à un moment donné, on prendra la parole sur soi,
les anges sont là et on ne les voit pas.
BESTIAIRE FRACASSE
> Guillaume Malvoisin, Novo, Nov. 2010
"Ce pourrait un morceau de rock joué par un orchestre bavarois, une fête un peu triste et extralucide. Le traitement du sol de la scénographie ramène le spectacle au seuil du jeu. Jouer à tenir debout et faire avancer Mayenburg à coups de glissades, jusqu'au bord du précipice.
La mise en scène de Wenger nous regarde regarder ses comédiens, beaux et présents. Sa collection de gueules à l'érotisme glacé s'agite au rythme des ruptures, rencontres et autres étirement temporels.
Et si le spectacle s'approche avec une modestie féroce du Mépris de Godard, lui empruntant hors-cadre, mise en abîme et faux-raccords, Thibaut Wenger empile ses tentatives en les liant avec un venin caractériel, autistique et diablement sournois.
Un genre de grotesque qui touche le nerf du plaisir.
Dans la noirceur stagnante, la leçon est excitante."

FROIDES CRUDITES
> Myriam Aït-Sidoum, Dernières Nouvelles d’Alsace, 09/09/10
"Au festival Premiers Actes, Thibaut Wenger, son directeur, présente sa copie de fin d’étude à Bruxelles, une mise en scène de L’Enfant froid, de Marius von Mayenburg : un théâtre collectif de la désintégration, à la Comédie de l’Est encore ce soir.
Le jeune dramaturge allemand Marius von Mayenburg, traduit par Laurent Mulheisen, a une écriture elliptique, violente, drôle parfois. Il raconte en substance des parents, leurs grands enfants, leurs amis, leurs relations explosives, névrosées, désespérées. Ce qui est vulgaire est moins l’obsession d’un désaxé exhibitionniste dans les toilettes des filles que le règne de l’argent, de l’apparence, cette société qui met K.O. avant même qu’on l’ait formulé. Le costume du gendre idéal cache le tortionnaire, celui du pervers un (presque) agneau.
Partant de là, Thibaut Wenger met en scène comme le propose le texte ce parcours collectif pessimiste vers une implosion intime de chacun. Les temporalités se télescopent, entre flash-back, temps de l’action, moments bornés par trois actes, une rencontre, un mariage, un enterrement.
Il y a bien le père, joué par Jean-Pierre Basté, qui reste monolithique de bout en bout, jusqu’à sa mort d’ailleurs. Tout autour, ce n’est que craquèlements, autour du personnage de Lena, la comédienne Berdine Nusselder, malmenée de bout en bout, jusqu’à choisir un moyen de révolte radical, Laetitia Yalon est sa mère passive, Léa Drouet l’amie psychotique, Tristan Schott son mari malade.
Tous les ingrédients sont là, comédiens à vue sur le plateau du début à la fin, tons le plus souvent juste, ils portent la pièce. La crudité des mots se double d’une crudité du geste, de crudités aussi au sens littéral, avec un poivron fiché on ne dira pas où pour ne pas trop en dire.
Mais la tension dramatique, qui devrait aller crescendo, baisse par endroits, à mesure qu’approche la fin, comme si le tout manquait un peu de liant. On peut toujours le mettre sur le compte de cette absence de liant qui fait défaut à ce bout de société décortiqué."
SYNOPSIS
CRÉDITS
DATES
+
Mise en scène
Thibaut Wenger
+33 (0) 682 11 22 87
+32 (0) 488 228 929
thibaut@premiers-actes.eu

Diffusion
Marie-Sophie Zayas
+32 (0) 479 56 78 43
marie-sophie@premiers-actes.eu
France
Association Premiers Actes
71b rue du 9e Zouaves
68140 Munster
Compagnie conventionnée par le Ministère de la Culture / DRAC Alsace

Belgique
Premiers actes asbl
rue Vandeweyer 63-65
1030 Bruxelles
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