LENZ
Georg Büchner
Thibaut Wenger
Georges-Arthur Goldschmidt, éditions Vagabonde
Le 9 mars 1835, Georg Büchner fuit Darmstadt pour se réfugier sous un nom d’emprunt à Strasbourg. Il a vingt-deux ans. Etudiant en médecine, il a écrit quelques semaines plus tôt La Mort de Danton. Le soulèvement populaire qu’il tentait de provoquer avec ses camarades du journal clandestin Le Messager hessois est un échec : les paysans ne montrent aucun signe de volonté insurrectionnelle, ses amis sont emprisonnés et un mandat d’arrêt est lancé contre lui.
« Je me suis procuré ici toutes sortes de notes intéressantes sur un ami de Goethe, un malheureux poète nommé Lenz, qui a séjourné ici en même temps que lui et qui est devenu fou » écrit-il à sa famille en octobre 1835.
Le 20 janvier 1778, au terme d’une longue marche à travers la montage, le poète Jakob Michael Reinhold Lenz, alors âgé de vingt-sept ans, épuisé et dénué de tout, frappait à la porte du pasteur Oberlin, à Waldbach, petit village de la vallée de Steinthal, pour lui demander hospitalité et soins. Le pasteur consigna dans son journal le séjour du poète à l'âme malade, ses crises, ses propos, ses symptômes.
Büchner trouve peut-être chez Lenz, astre fulgurant du Sturm und Drang auteur de Les Soldats, Le Précepteur et Notes sur le théâtre, chassé de Weimar par son ami Goethe devenu conseiller du grand-duc, une fraternité esthétique – qui parle dans « conversation sur l’art », passage central de Lenz ? – et intime, dans l’exil, dans ses peurs et jusqu’en amour.
En une dizaine de jours, avec une acuité de clinicien, il compose dans une langue heurtée, à la modernité étonnante, le récit vertigineux du mouvement d'une pensée plongeant dans l’obscurité, resté inachevé comme la plupart de ses textes.
En marge de la création de Woyzeck, Thibaut Wenger reprend ce texte qu’il a mis en scène il y a quelques années et qui l’accompagne depuis lors, en toute simplicité et intimité, pour un petit nombre de spectateurs, avec quelques sons comme des souvenirs, les voix du punk-bûcheron Jean-Martin Miclo, du pianiste Jean-Paul Roth…
de Georg Büchner
traduction Georges-Arthur Goldschmidt, éditions Vagabonde
un projet de Thibaut Wenger
collaboration artistique Jean-Paul Roth
sons Geoffrey Sorgius, Grégoire Letouvet
production Premiers actes
Créé dans le cadre du Festival Premiers Actes 09 avec le soutien du Ministère de la Culture – DRAC Alsace,
de la Région Alsace et du Fonds européen agricole pour le développement rural.
Reprises à l’Actée à Longwy, au Théâtre du Marché aux Grains à Bouxwiller,
au festival Mehr Licht - Château de Lichtenberg, à La Petite Chaufferie du Parc de Wesserling, à la Kunsthalle, centre d'art contemporain de Mulhouse, au Théâtre Océan Nord à Bruxelles.
DATES PASSÉES
15/02/14 - 20h30
Théâtre de Poche - Bruxelles
20/06/13 - 20h00
Festival de Caves - Besançon
19/06/13 - 20h00
Festival de Caves - Besançon
18/06/13 - 20h00
Festival de Caves - Besançon
24/08/12 - 20h00
Festival Premiers Actes - Wesserling
15/06/12 - 22h00
Théâtre Océan Nord - Bruxelles
14/06/12 - 22h00
Théâtre Océan Nord - Bruxelles
J’aurais bien aimé que ce soit juste Raphaël ce soir.
Qu’on soit juste là pour regarder Raphaël jouer ici.
Ou peut-être qu’on se retrouve pour danser avec Armand et Jean-Martin.
C’est beau la rassurance de l’accordéon et du feu, quand c’est l’hiver.
Ce sont les voix de gens de Soulztbach.
On n’a pas réussi à comprendre, le secret là-bas, donc on a fait des photos, des films aussi. On a enregistré. Un moment de l’impossible projet théâtral qui aurait voulu parler du silence de Lenz, hors du monde, hors du temps.
Je connais cette vallée. Feu de bois, combats de chiens, bagarres de paysans et nuits de piano et de violoncelle, trop d'alcool. Je connais cette vallée, mon enfance c’est ici.
Là-bas, on a accordé un vieux tracteur bleu en ‘la’ mineur avec un Boesendorfer et une guitare électrique. Jean-Paul m’a parlé de l’écriture de Schumann et des chants populaires. Un soir, impro avec Jean-Martin, qui semble mourir à chaque respiration. Schumann-fragments piano-guitare. Infiniment plus triste, nostalgique. Falbalah danse au milieu. Deux jeunes étudiantes en philosophie se sont arrêtées sur la route Paris Zurich. Il y a du monde à la maison. La chauffe est longue, fatigue, alcool. L’ampli nous arrache les oreilles. On ne sait pas trop bien ce qu’il se passe. Il y a peu d’écoute mais une putain d’électricité dans l’air. Ça part dans une drôle d’affaire, dans un cri à quatre. Je sors de la pièce, c’est très beau vu de dehors. Ça s’arrête très vite. Le froid de la soirée glace le sang, le coeur, dans un vin aigre et tard.
Le jour où je suis arrivé, Gabriel a sauté du premier étage, puis s'est balancé dans une cuve d'eau et d'argile. J'ai appris plus tard qu’il était une réincarnation de la momie Otzi. Il dessine des navettes spatiales, il apprend à faire des violons, aiguise des scies.
Et ne rien pouvoir faire avec ça.
Au début de Lenz, il y a : les chaumes blondes, une lecture dans un verger, à côté d’une chapelle orthodoxe, la promenade dans la fondation, devant Anselm Kieffer.
Deux forces en présence, deux lignes qui ne se croisent pas.
Solitude.
Le reste s’est perdu ; reprenons.
20.09.09
« Thibaut Wenger est un garçon du pays, son théâtre s'en souvient. La montagne têtue qui ombrage son Lenz appartient autant à l'imaginaire de Büchner qu'aux souvenirs des sensations de son enfance. Les langages imbriqués avec patience et ingéniosité la font trembler à force d'énergie et de questions.
Wenger trace un parcours sommaire et impalpable mugissant dans les ruines de la petite chaufferie de Wesserling. C'est un spectacle de traces, d'entêtement et de combat face à l'échec. Comédien pour l'occasion, juste et humble, il rend son spectacle à la parole magnifique de Büchner. Lenz, le fou, dévale les collines, Wenger et ses camarades remontent la pente d'une litanie impressionniste. Ouverte, sensible et non résolue. »
Guillaume Malvoisin, Novo, sept.10
DOSSIER DE DIFFUSION (PDF)
SYNOPSIS
CRÉDITS
DATES
+
Mise en scène
Thibaut Wenger
+33 (0) 682 11 22 87
+32 (0) 488 228 929
thibaut@premiers-actes.eu

Diffusion
Marie-Sophie Zayas
+32 (0) 479 56 78 43
marie-sophie@premiers-actes.eu
France
Association Premiers Actes
71b rue du 9e Zouaves
68140 Munster
Compagnie conventionnée par le Ministère de la Culture / DRAC Alsace

Belgique
Premiers actes asbl
rue Vandeweyer 63-65
1030 Bruxelles
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