LA BATAILLE D'ARMINIUS
Heinrich von Kleist
mise en scène Thibaut Wenger
dramaturgie Adeline Rosenstein
Die Hermannschlacht, La Bataille d’Hermann, d'Armin, d'Arminius est un monstre, un affront, une pièce didactique immorale, engagée, née de la haine de l'occupation militaire française après la victoire de Napoléon à Leipzig. Ce drame en cinq actes avec auroch (ancêtre bovin), ours, germains-romains, princesse, sorcière, fille violée et coupée en morceaux par son père… est un manuel sur l'art de la propagande et sur la guerre de libération nationale.
Heinrich von Kleist l'écrit en 1808, certain qu'elle doit absolument être jouée immédiatement, c'est un scandale et le texte immédiatement censuré. Elle est jouée pour la première fois en 1860, puis elle fera carrière nationaliste à l'époque wilhelmienne et finira complètement instrumentalisée par les nazis.
S'inspirant de la Bataille dite de Varus ou de la Forêt de Teutoburg en 9 ap. J.-C., Kleist lance deux appels à ses contemporains :
1. Unissez-vous!
2. Osez la barbarie, osez parler la langue de l'ennemi et vous gagnerez.
La fable est donc simple : les Romains envahissent les territoires peuplés par les Germains – il s'agit pour Hermann d'unir ces différents peuples, de se déguiser en ami des Romains et de leur préparer un piège fatal dans la forêt de Teutoburg.
Pour y parvenir il utilisera la terreur, la propagande, la ruse et les charmes de sa tendre épouse Thusnelda.
« Une atmosphère de drame s’installe, où chacun veut prouver qu’il est prêt à tout. C’est dans ces circonstances que le coup part tout seul. »
Frantz Fanon
un projet de mise en scène de THIBAUT WENGER
traduction et dramaturgie ADELINE ROSENSTEIN
scénographie BORIS DAMBLY
sons GREGOIRE LETOUVET et GEOFFREY SORRGIUS
lumières MATHIEU FERRY assisté par OCTAVIE PIERON
costumes ZOE BOUCHICOT
avec OLINDO BOLZAN, FABIEN MAGRY, BERDINE NUSSELDER, NATHANAËLLE VANDERSMISSEN, MARCEL DELVAL, MATTHIEU BENARD, TRISTAN SCHOTTE, EMILE FALK-BLIN, LAETITIA YALON... (distribution en cours)
coproduction Théâtre Océan Nord & Festival Premiers Actes
en partenariat avec Fotti Cultures, Sénégal
Création 1er-12 octobre 2013, Théâtre Océan Nord, Bruxelles
avec la participation artistique du Jeune théâtre national
J’aime le sérieux des conversations entre des hommes qui font le monde et la guerre, funeste naissance d’une nation par de jeunes écervelés hirsutes que je ne peux toutefois lire de manière tout à fait sérieuse. L’incapacité à situer une sincérité – comme si le discours et la langue disaient deux choses différentes, comme si la pensée était en tension avec une forme qui n’est déjà plus la sienne, qui ne la contient plus. Dès lors, s’en dégage une sorte d’ironie délicate et mobile, un entre-deux où se devine une empathie secrète, complexe et paradoxale. Cette hésitation est souvent rythmique : s’ouvrent d’étranges brèches temporelles, des béances, où les personnages se retournent contre eux-mêmes. C’est un drôle d’équilibre, un extraordinaire mobile pour le jeu, tout à la fois puissant et fragile, sublime et dérisoire, exigeant la viande des acteurs, un emportement véritable, une excitation rhétorique, et de soudaines absences insaisissables, somnambuliques voire monstrueuses.
Ainsi, Armin est peut-être le premier théoricien de la guérilla, un génie de la propagande, virtuose de la ruse et de la manipulation. Il a la force lumineuse de ceux qui jouent un rôle dans l’Histoire. Mais, comme le Prince de Hambourg, il est pris parfois de bizarreries de comportement, sensibles et peu raisonnantes, et tout est un peu raté. Peut-être que rien ne se passe comme prévu car les passions que l’on croyait pouvoir manipuler pour s’utiliser les uns contre les autres se déplacent, que le désir échappe au plan, il circule – et cela provoque quelques dégâts collatéraux.
Kleist semble aimer les hommes d'une façon bien plus tendre et émouvante que les filles. Il y a comme une douceur atypique dans la soldatesque, un homo-érotisme de guerriers, comme un trouble dans les accolades de cette bande de grands garçons – que l’on rejette aussitôt. Oublions donc cela. Ne le montrons jamais. Battons-nous.
Nos barbares germains pourraient emprunter certains motifs à l’imagerie des bikers, chez qui se pose la question de la loi et de la liberté, d’une loi illégitime pour ceux qui la subissent... Nous chercherons à présenter tantôt des personnages de jeunes rebelles, des écervelés mythiques qui crient vive la liberté, tantôt de futurs petits bourgeois conformistes qui crient vivent Armin notre chef. Tantôt des gars qui ont peur d'égratigner leur belle moto, de faire une tache sur leur pantalon, tantôt se mettent à quatre pour tabasser un romain perdu.
Un pick-up rutilant trônera sur le plateau. On y chargera la carcasse sanguinolente de l’auroch, il fera office de tente royale... Hermann le détruira lui-même, avec patience et obstination, à coups de gourdin. Il finira peut-être écrasé par un baobab millénaire, ou renversé sur le flanc dans Teutoburg en ruines.
DOSSIER DE DIFFUSION (PDF)
SYNOPSIS
CRÉDITS
+
Contacts
Premiers actes
71b rue du 9e Zouaves
68140 Munster
+33 (0) 682 11 22 87

ASBL Premiers actes
63-65 rue Vandeweyer
1030 Bruxelles
+32 (0) 488 228 929

thibaut@premiers-actes.eu


Cie conventionnée
Ministère de la Culture / DRAC Grand Est

Cie associée
Nouveau Relax, Chaumont

Avec le soutien de la
Région Grand Est 2017-19




Networking
Facebook
OK
ERREUR
ENVOYÉ