PAN!
Marius von Mayenburg
mise en scène Thibaut Wenger
traduction inédite Joséphine de Weck
Le petit Ralf Pan est un monstre, un enfant insupportable, égoïste, imbu de lui-même. Et il le sait. Il est arrivé pour retourner le monde, le sortir de sa paralysie. Il a de grands projets. Ses parents voient en lui un génie, mais lui voit encore plus loin. Dramaturge à la Schaubuhne, Marius von Mayenburg écrit cette pièce en 2017, juste après l’élection de Donald Trump, et après Erdogan, Poutine, Orban, Kaczynski… comme une réaction allergique à ces leaders machos et à leurs réponses simplistes à des questions complexes. Thibaut Wenger s’empare de cette comédie féroce, présentée pour la première fois en français dans une traduction de Joséphine de Weck, où l'on tire sans complaisance sur tout ce qui bouge, à commencer par la bien-pensance générale de notre époque.

"Avec Pan !, Thibaut Wenger livre une adaptation ludique, déroutante et jubilatoire de l’œuvre du Berlinois Marius von Mayenburg. (...) Écrit rageusement au lendemain de l’élection de Trump, ce texte est un Pulp Fiction théâtral. (...) Un délice pour le spectateur." La critique de PointCulture
@Jean-Jacques Goffinon

https://panikdb.radiopanik.org/media/sounds.orig/le-varia-fait-sa-chronique/Chronik_Paul_Hermant.m4a?fbclid=IwAR2jO1958B9HgL3oPGoMJ0qCHWgSmbjgcSY6BJ3NtH4g3NvyKvVjZ3SnBuI
AVEC Léonard Berthet-Rivière, Nina Blanc, Pauline Desmet, Emile Falk-Blin, Titouan Quittot, Tristan Schotte
LUMIÈRE Matthieu Ferry
MUSIQUE, SON Grégoire Letouvet, Geoffrey Sorgius
COSTUME Claire Schirck
SCÉNOGRAPHIE Arnaud Verley
VIDÉO Isabelle Nouzha, Xavier Pique, Pierre Mallaisé
CONSTRUCTION Alexandre Lequette
ASSISTANAT À LA MISE EN SCÈNE Médéa Anselin
DIFFUSION Marie-Sophie Zayas
MISE EN SCÈNE Thibaut Wenger

Une création de Premiers Actes, compagnie conventionnée par le Ministère de la Culture / DRAC Grand-Est, en coproduction avec le Théâtre Varia, la Coop asbl et Shelter Prod. Avec le soutien de taxshelter.be, ING et du tax-shelter du gouvernement fédéral belge, de la COCOF – Fonds d’acteurs et de la SPEDIDAM.

La pièce PAN ! de Marius von Mayenburg (traduction de Joséphine de Weck) est représentée par L’ARCHE – agence théâtrale. www.arche-editeur.com
DATES PASSÉES
08/04/21 - 20h00
Nouveau Relax - Chaumont
24/10/20 - 20h00
Théâtre Varia - Bruxelles
23/10/20 - 20h00
Théâtre Varia - Bruxelles
22/10/20 - 20h00
Théâtre Varia - Bruxelles
21/10/20 - 20h00
Théâtre Varia - Bruxelles
20/10/20 - 20h00
Théâtre Varia - Bruxelles
17/10/20 - 20h00
Théâtre Varia - Bruxelles
16/10/20 - 20h00
Théâtre Varia - Bruxelles
15/10/20 - 20h00
Théâtre Varia - Bruxelles
14/10/20 - 20h00
Théâtre Varia - Bruxelles
13/10/20 - 20h00
Théâtre Varia - Bruxelles
Le petit Ralf Peng est un monstre, un enfant insupportable, égoïste, imbu de lui-même, et il le sait. Il est arrivé pour retourner le monde, le sortir de sa paralysie. Il a de grands projets. Ses parents voient en lui un génie, mais lui voit encore plus loin. Sans lui, le monde est mortel. De grands bouleversements sont en cours. Nous avons besoin de clarté, d’hommes forts qui promettent de se débrouiller seuls.

Dramaturge à la Schaubühne, Marius von Mayenburg a écrit cette pièce en 2017, juste après l’élection de Donald Trump, et après Erdogan, Poutine, Orban, Kaczynski… Comme une réaction allergique à ces leaders machos et à leurs réponses simplistes à des questions complexes, il crée Peng, que nous traduisons en français par Pan, « ce mot mystérieux que chaque voix bégaie » disait Hugo. Avec ce nom qui claque comme un slogan, il pousse « une porte de derrière pour entrer dans les consciences, avec quelques pensées déplaisantes, puisque la porte de devant est fermée ».

Vicky et Dominik, les parents de Ralf sont des bobos qui surprotègent leur enfant-roi. Quand quelque chose est impossible, nous dit Mayenburg, il y a seulement deux catégories d’êtres humains qui répondent « je le veux quand même » : les patrons et les enfants.

Ralph se montre tantôt un adulte très enfantin, tantôt un enfant très adulte, et s’en prend à tous ceux qui lui barrent la route. Avant même sa naissance, Ralf étrangle sa sœur jumelle pour montrer clairement que rien, absolument rien, ne peut entraver son chemin vers le sommet.

Nous suivrons différentes étapes de la vie de Ralf, avec ses parents, sa baby-sitter, ses voisins, son professeur de violon... Pour une plateforme de streaming, ils tentent d’établir une genèse sans cesse malmenée par le principal intéressé, une fiction politique qui se transformera en une cruelle émission de téléréalité.

Le racisme de Ralph, sa misogynie, son couronnement, son égoïsme, son incapacité à accepter les critiques jouent avec la politique contemporaine, mais aussi avec quelques restes mal digérés de l’Histoire européenne.

Thibaut Wenger et sa bande s’emparent de cette comédie féroce, présentée pour la première fois en français dans une traduction de Joséphine de Weck, où l’on tire sans complaisance sur tout ce qui bouge, à commencer par la bien-pensance générale de notre époque.
Mon Dieu, quelle belle surprise. « Pan ! » est un spectacle drôle, qui ne nous laisse pas le temps de respirer et fait peu douter de son sujet, mais… quelle jouissance d’entendre enfin tout haut des acteurs brocarder intelligemment les figures égocentriques de nos despotes qui, eux, ne doutent de rien. Frange peroxydée ou pas, Donald en prend pour son grade mais pas que lui… Sur scène, tout est éclaté et on en rit, allègre !

En fait, Thibaut Wenger a des secrets. Depuis bon nombre de spectacles, il nous avait habitués à revisiter des textes du répertoire tels que Tchekhov, Büchner, Koltès, avec modernité et justesse de forme. Aujourd’hui, il mord et déchiquette à pleines dents le mythe vulgaire du mythomane contemporain qui se veut promu au pouvoir… On se questionne. En fait, Thibaut Wenger serait-il un punky boy ?

Avec Pan !, il livre une adaptation ludique, déroutante et jubilatoire de l’œuvre du Berlinois Marius von Mayenburg. Ralf Pan est l’enfant roi insupportable d’une famille de bobos-bios. Ralf savait déjà, bien avant sa naissance, qu’il allait changer le monde avec radicalité. De la fermeté, de la vraie ! Trop de compassion ne mène à rien, surtout si on s’aime beaucoup.

Comme tout le monde le sait, la vie politique passe par les médias. La vie de Pan aussi. L’une des surprises apparaît dès l’entrée en salle : sur scène, il n’y a rien ou presque. Juste un grand écran vert. Les décors n’apparaissent que par le prisme d’une télévision sur le bas-côté et tout est absolument fake. Le spectacle n’est qu’une farce gigantesque qui, comme une télévision folle, zappe de show en show avec toujours au centre le même personnage vulgaire, prétentieux, égocentrique, misogyne, raciste, violent, etc. Dans une furie effrénée, Ralf Pan grandit, frappe, bat, corrompt, domine et gravit, un à un, les échelons de la popularité comme du pouvoir. Qui va avoir le courage de l’arrêter ? On en a tous envie !

Une fiction pulp, un orangina qui secoue grave !

Depuis le début de son écriture non linéaire, Marius von Mayenburg a toujours affectionné désarçonner son spectateur par détours ou chemins de traverse. Écrit rageusement au lendemain de l’élection de Trump, ce texte est un Pulp Fiction théâtral. Tout se décale et s’entrecroise, de quelques moments seulement, mais cela suffit. Ces petites discordances jouent avec les significations pour révéler l’essentiel de ce qu’il y a à dire sur la vie d’un despote : de la soif de pouvoir jusqu’à la prostitution audiovisuelle, sans oublier les intolérances, les corruptions, les discours mensongers et le culte de soi. Imaginez-vous un raccourci d’images symboliques de la vie de Donald Trump, de Kim Jong-un, de Marine Le Pen, voire de Bart De Wever… montées en 30 secondes chrono. C’est Vidéo Gag ! Cette image révélatrice, Thibaut Wenger s’en sert sans retenue. Un délice pour le spectateur.

Pan ! pourrait être un spectacle illustrant notre thématique Révolte ! Il est l’œuvre miroir de notre réalité démocratique pauvrement triste, un spectacle perspicace qui tombe à point nommé. En posant la question préoccupante de la personnalité de ceux qui nous gouvernent, il est désopilant à en faire tomber tous les masques et nous détourne, l’espace d’une heure trente, de nos bulles de distanciation sociale. Si ça, c’est pas du théâtre ? N’est-il pas essentiel qu’il continue pour le bien de tous ?

Texte: Jean-Jacques Goffinon

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RTBF - Dominique Mussche
L’irrésistible ascension d’un enfant roi.
CRITIQUE ***

Marius von Mayenburg est né à Munich en 1972. Dès les années 90, il écrit ses premières pièces, dont notamment Visage de feu et L’Enfant froid, déjà montées chez nous. Remarqué par le metteur en scène Thomas Ostermaier, il est associé depuis le début du siècle au prestigieux théâtre la Schaubühne à Berlin en tant qu’auteur, dramaturge et traducteur.

Le titre de la pièce, déjà, en dit long sur ce qui vous attend : interjection ("peng !" en allemand) qui claque comme un coup de fusil, elle est aussi le patronyme du jeune héros dont vous allez suivre la naissance et l’irrésistible ascension. Dès le cynique monologue d’ouverture depuis le ventre de sa mère, Ralf Pan (Emile Falk-Blin) se dévoile : narcissique, violent, prêt à tout pour arriver à ses fins, il est le monstre parfait. Pour inaugurer ses hauts-faits, il n’hésite pas à étrangler sa sœur jumelle avant l’accouchement. Plus tard, il prendra plaisir à terroriser ses congénères à la plaine de jeu, son professeur de violon, sa baby sitter, … et ses parents (Léonard Berthet-Rivière et Pauline Desmet). Quant à ceux-ci, ils n’échappent pas aux sarcasmes de l’auteur : bobos gonflés de vanité, persuadés d’avoir mis au monde un génie, ils acceptent tout de leur progéniture. "Nous lui avons inculqué des valeurs chrétiennes et occidentales, je suppose qu’il en reste quelque chose" déclarera la mère menacée par la mitraillette qu’elle vient d’offrir à son fils !

C‘est en 2017, en réaction à l’élection de Donald Trump (et de tous les leaders de son acabit) que Marius von Mayenburg a écrit cette comédie féroce. Mais s’il s’intéresse aux mécanismes mentaux d’un tyran, il décrypte aussi la société qui a favorisé l’éclosion d’un tel phénomène, et flingue à peu près tous ceux qui croisent le chemin de Pan : les monstres assumés, mais aussi ceux qui cachent leurs pulsions inavouables sous le vernis de la bien-pensance et du politiquement correct. Le jeune garçon est en quelque sorte le révélateur qui met à nu les consciences et joue de manière machiavélique avec les faiblesses humaines. A la question de savoir pourquoi il avait choisi de créer un personnage d’enfant, l’auteur a répondu : "Quand quelque chose est impossible, il y a seulement deux catégories d’êtres humains qui répondent ‘je le veux quand même’ : les puissants et les enfants".
Pan! de Marius von Mayenburg, mise en scène de Thomas Wenger
Pan! de Marius von Mayenburg, mise en scène de Thomas Wenger - © Christophe Urbain

Le plateau est transformé en studio de télé caricatural : panneaux de couleurs criardes, lumières crues. Sa fulgurante ascension, Pan la doit aussi aux médias : déjà présentes pour filmer sa naissance, les caméras ne le quitteront plus - à commencer par les publicités d’aliments pour bébés -, le tout projeté sur écran. Mais il ambitionne davantage : il veut "que ça pète", "que le monde brûle". Animée par un producteur sadique et surexcité (Fabien Magry), la pièce se transformera finalement en un gigantesque reality show avec concours de Miss Univers et campagne électorale ! Misogyne, raciste, manipulateur et prodigue en solutions simplistes, notre petit héros a toutes les chances de gagner !

Thibaut Wenger et sa bande jouent à fond le jeu de l’exagération jusqu’à l’absurde. Aux côtés des excellents comédiens déjà mentionnés, Nina Blanc et Titouan Quittot, en virtuoses de la transformation, assument une foule de rôles, des plus sombres aux plus pathétiques, de la baby-sitter complaisante à la femme battue exhibée sous les spots. Le metteur en scène orchestre le tout avec brio, ménageant un subtil crescendo jusqu’à l’apothéose finale.

Trois ans plus tard, à quelques jours de l’élection présidentielle aux Etats-Unis, ce spectacle nous alerte, dans un énorme éclat de rire, sur les dangers du populisme, déjà bien implanté au cœur de l’Europe, tout en nous renvoyant le miroir de nos bonnes consciences.
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