09/12/19
Détester tout le monde - Pièce jeune public d'Adeline Rosenstein d'après L'Orestie d'Eschyle - Premières les 14 et 15.11.19 au Nouveau Relax - scène conventionnée de Chaumont
Discussion avec Adeline Rosenstein:

Ça veut dire quoi réécrire ?

Pour moi avant l’écriture il y avait le fait que je racontais ces histoires de la mythologie grecque à mes enfants qui aiment bien les histoires un peu gore avant de s’endormir.
J’ai donc déjà un peu l’habitude de les résumer en les transformant à l’oral.
J’ai trouvé intéressant de me reposer la question : qu’est-ce que ça me rappelle aujourd’hui? Le coupable désir de vengeance, ou son absence coupable aussi; l’idée d’une discussion collective publique sur un problème qui a l’air familial, personnel et qui implique l’honneur. L’idée de transformer le châtiment du criminel en mémoire du crime. L’idée de cette toute première AG des Athénien.ne.s qui n’ont pas encore de culture démocratique et qui, tout en la souhaitant, sont pétri d’autoritarisme, de culture militaire.

De quoi L’Orestie te parle aujourd’hui ?
De toutes ces choses mentionnées plus haut mais aussi de l’accueil de celui qui est persécuté ailleurs. Évidemment qu’il a l’air suspect et qu’il fait peur. Comment mettre fin à son supplice et à notre peur? En le repoussant, en l’enfermant ou en l’accueillant?

Quelle langue parle-t-on dans Détester tout le monde ?
On parle un Français des gens qui se donnent un genre «désolé j’ai pas le temps pour toi», qui sont en guerre et qui rabotent un peu les les syllabes...
ça me fait marrer
Oreste devient ‘Reste,
Argos, ‘Rgos,
Delphes Dolphe,
comme si le è traînait s’occlusait : è puis euh puis o... et ça permet des jeux de mots débiles, faibles, comme il y a des rimes faibles, j’imagine des rimes débiles, qui fassent rire.

C’est quoi ce drôle de titre ?

C’est ce mouvement d’impatience « qu’ils crèvent tous! » adressé parfois à toute une classe politique par la population qui n’en peut plus des divisions et des petites guerres qu’ils se mènent entre eux. En Argentine devant la crise de 2001 quand les banques furent bloquées et que plus rien ne fonctionnait, un groupe de musique a sorti la chanson : il faut tuer le président, il faut tous les tuer. Bref quand ça va pas il arrive vraiment qu’on déteste tout le monde et évidemment que ça ne fait que perpétuer le cycle de la violence - la guerre se nourrit de ça. Les politiciens de droite l’exploitent pour faire tuer des gens. C’est peut-être ça aujourd’hui que raconte l’Orestie de plus important : sortir de l’irrépressible détestation.
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